Avoir un composteur présente de nombreux avantages : faire du compost en recyclant tous les déchets organiques végétaux et de cuisine est un geste qui a un impact positif sur l’environnement.
De plus, c’est l’une des pratiques qui s’inscrit dans ce que l’on appelle aujourd’hui l’« économie circulaire », un concept de plus en plus évoqué. L’économie circulaire repose sur l’idée que ce qui est généralement considéré comme un déchet peut en réalité devenir une ressource utile pour créer quelque chose de nouveau.
Sommaire
- Le compost : qu’est-ce que c’est ?
- Les déchets à utiliser pour faire du compost
- L’importance d’utiliser uniquement du compost mûr pour le sol
- Qui transforme les déchets organiques : les micro-organismes
- Dimensions, forme et emplacement du composteur
- Les composteurs
- Les activateurs de compost
- Composteur fait maison : gérer les odeurs
- Gérer le tas de compost au fil du temps
- Savoir quand le compost est mûr
Le compost : qu’est-ce que c’est ?
Le compost est techniquement un amendement, c’est-à-dire une substance issue de la transformation, sur une certaine période de temps, des déchets organiques provenant du potager, du jardin et de la cuisine. Une fois ajouté au sol, le compost améliore sa fertilité sous tous les aspects :
- Chimique : Au fur et à mesure qu’il se décompose dans le sol, le compost fournit des éléments essentiels tels que l’azote, le phosphore, le potassium, le calcium, le soufre, le magnésium et les oligo-éléments (fer, cuivre, zinc, etc.). Les racines des plantes peuvent absorber ces nutriments, ce qui en fait un engrais organique à part entière, comparable au fumier bien connu.
- Physique : Le compost améliore de nombreuses caractéristiques du sol sur lequel il est appliqué. Il agit notamment sur la structure du sol, c’est-à-dire la manière dont les particules de sol se lient entre elles, en jouant un rôle de liant. Il améliore également la rétention d’eau et le drainage. Concrètement, on peut observer qu’un sol sujet au compactage, souvent riche en argile, devient plus facile à travailler grâce à la présence d’une quantité adéquate de matière organique. Cela se traduit par une réduction des fissures caractéristiques qui se forment sur les sols argileux lorsqu’ils sèchent après la pluie ou l’irrigation. La présence de matière organique, telle que le compost, réduit ce phénomène. Sur les sols très légers, le compost améliore la capacité à retenir l’eau, réduisant ainsi la tendance à s’assécher trop rapidement après une pluie ou un arrosage.
- Biologique : Le compost est une source précieuse de nutriments pour tous les micro-organismes qui habitent le sol, contribuant ainsi à un écosystème souterrain plus sain et mieux nourri. Un sol sain et fertile est une condition indispensable à la croissance de plantes robustes, bien plus efficace que l’utilisation d’engrais chimiques solubles.
Les déchets à utiliser pour faire du compost
Il existe de nombreux produits que nous pouvons ajouter au tas de compostage ou au composteur.
En particulier :
- Déchets du potager : résidus de cultures et mauvaises herbes arrachées ;
- Déchets du jardin : fleurs fanées, feuilles mortes, herbe coupée, tailles de branches ;
- Déchets organiques de cuisine : épluchures de légumes, pelures de fruits, coquilles d’œufs, papier humide, marc de café, sachets de thé et infusions.
Il faut éviter d’y mettre les restes d’animaux tels que les arêtes de poisson ou les os. Il est également conseillé de mettre avec modération les croûtes de fromage et les déchets trop gras d’huile. Tous ces éléments doivent être destinés à la collecte sélective des déchets organiques, où ils sont transformés dans des installations spécialisées qui produisent du biogaz et du compost au niveau industriel.
Dans certains cas particuliers, il est bon de respecter des précautions spécifiques :
- Ne pas mettre les résidus de plantes atteintes de viroses. En effet, ces maladies ne se neutralisent pas facilement et pourraient se transmettre à nouveau lors de l’utilisation du compost. De même, les plantes de chou atteintes de la hernie, une maladie incurable bien connue, ne doivent pas être incluses dans le compost ;
- Ajouter les mauvaises herbes uniquement en phase végétative, c’est-à-dire avant qu’elles ne montent en graines (il faut les arracher du potager rapidement). En effet, les graines pourraient survivre au processus de compostage et risqueraient de germer lorsque le compost est réparti sur le sol ;
- Broyer le plus finement possible les résidus les plus fibreux et ligneux avant de les mettre dans le composteur. Par exemple, les résidus de taille, les plantes de chou, d’aubergine, de tomate, et autres en fin de cycle, devraient être découpés en petits morceaux avec un sécateur pour favoriser leur décomposition.
L’importance d’utiliser uniquement du compost mûr pour le sol
Le compost, pour être utilisé comme amendement dans le potager, les pots, le jardin ou pour les plantes fruitières, doit être mûr. Cela signifie que tous les déchets utilisés pour le produire doivent être bien décomposés et ne doivent plus être reconnaissables.
Le compost mûr doit ressembler à un terreau foncé et homogène. Pour atteindre ce stade, un délai variable est nécessaire, généralement d’environ 6 mois. Cependant, ce temps dépend fortement des saisons traversées : un tas commencé au printemps se décompose beaucoup plus rapidement qu’un autre débuté en automne, qui doit passer par les mois d’hiver.
Qui transforme les déchets organiques : les micro-organismes
Le travail de transformation des déchets organiques est réalisé par des micro-organismes appartenant à différents genres et espèces, qui utilisent ces matériaux pour leur survie et leur reproduction. Il s’agit de nombreux champignons, bactéries, ainsi que d’animaux de plus grande taille, comme les célèbres vers de terre.
Le processus de compostage commence par une sorte de combustion naturelle, car il génère des températures élevées, pouvant atteindre jusqu’à 80°C, capables d’éliminer de nombreux pathogènes et parasites. Par la suite, les températures diminuent et la masse de compost réduit en volume.
Les micro-organismes qui transforment les déchets en compost ont besoin de trois éléments principaux pour accomplir leur tâche :
- Air : Ces micro-organismes sont aérobies, c’est-à-dire qu’ils vivent en présence d’oxygène. Le tas de compost doit donc pouvoir « respirer », il ne doit pas être trop compacté ni saturé d’eau.
- Chaleur : Pour vivre et se reproduire, ces organismes ont besoin de températures modérées. C’est pourquoi le processus de compostage se déroule plus rapidement pendant les saisons printanière et estivale. En hiver, en revanche, tout semble au ralenti, et l’on observe peu de changements dans l’état des déchets accumulés.
- Humidité : Bien qu’il ne faille pas détremper le compost, une sécheresse excessive est également néfaste pour le processus de compostage. En général, les déchets organiques des cultures et de la cuisine contiennent suffisamment d’humidité, mais en cas de chaleur estivale intense accompagnée de sécheresse prolongée, il peut être utile d’humidifier légèrement le compost. On peut l’arroser simplement avec de l’eau ou utiliser des macérations fertilisantes, comme celle d’ortie, qui enrichissent encore davantage le compost.
Dimensions, forme et emplacement du composteur
Il n’existe pas de règles strictes concernant la forme ou les matériaux à utiliser pour délimiter le compost, l’important étant de respecter les besoins des micro-organismes mentionnés plus haut. Cependant, le tas de compost ne devrait pas dépasser une hauteur de 1,5 mètre. Au-delà, le poids du tas risque de le compacter excessivement, ce qui entraînerait une mauvaise circulation de l’air dans les couches inférieures.
En ce qui concerne le choix de l’emplacement du composteur, il est conseillé de l’installer dans des coins du potager ou du jardin plus ombragés et périphériques, tout en s’assurant qu’il reste facile d’accès pour le gérer, même avec une brouette si nécessaire.
Les composteurs
Sur le marché, il est possible de trouver les composteurs classiques en forme de cloche, mais ce n’est pas la seule option.
Pour un jardin, un composteur efficace et fonctionnel peut très bien être construit soi-même. La solution la plus simple consiste à prendre quatre palettes et à en faire une sorte d’enclos, en les liant ensemble ou en les clouant. La même chose peut être faite avec des planches de bois ; ces composteurs sont très spacieux et bien aérés. Contrairement aux composteurs en forme de cloche, qui sont petits et, étant en plastique, ne garantissent pas toujours une bonne circulation de l’air.
Pour les potagers et les jardins de petite taille, il est préférable de créer deux petits composteurs. Il est également judicieux de les placer dans deux coins différents de l’espace et de les construire, par exemple, en coupant les palettes en deux.
Les activateurs de compost
Pour faciliter la transformation des résidus organiques dans le composteur, l’utilisation d’un activateur de compostage peut être très utile. Il s’agit d’un produit contenant un ensemble de bactéries qui accélèrent le processus de compostage.
Ces micro-organismes sont particulièrement efficaces pour traiter des déchets tels que les tontes de gazon, les déchets de cuisine et de nombreux résidus du potager. En effet, ils dégradent l’amidon, la cellulose et les protéines, tout en résistant aux hautes températures générées durant le compostage. Accélérer le compostage peut être crucial lorsque l’on a besoin de compost mûr au début du printemps. C’est une aide précieuse pour préparer le sol du potager ou pour rempoter des plantes ornementales.
Le produit est disponible en paquets de 1 kg, et il faut en utiliser 50 à 100 g pour chaque tranche de 10 cm de tas à transformer.
Composteur fait maison : gérer les odeurs
Un compostage bien conduit ne dégage pas de mauvaises odeurs, ou du moins, pas au point d’être perçu à distance et de gêner le voisinage. Lorsque le compost est malodorant, cela indique généralement un problème.
Parmi les causes les plus courantes, on trouve :
- la formation de couches compactes qui ont conduit à des transformations anaérobies (putréfaction) ;
- l’ajout de déchets d’origine animale, qui génèrent des odeurs de décomposition et attirent également de nombreuses mouches.
Un tas de compost bien aéré, composé uniquement de déchets végétaux, ne génère habituellement pas ces désagréments.
L’utilisation de l’activateur de compostage décrit précédemment permet de réduire encore plus les risques de mauvaises odeurs. C’est particulièrement utile pour les composteurs en plastique, car le produit aide également à atténuer les odeurs, une fonction particulièrement importante en milieu urbain.
Gérer le tas de compost au fil du temps
Au fur et à mesure que les résidus organiques se décomposent, nous continuons à en produire de nouveaux à éliminer. Il devient donc important de trouver un moyen de laisser les vieux résidus se décomposer sans en ajouter de nouveaux.
L’idéal est d’avoir deux tas de compost, même petits, comme mentionné précédemment. De cette manière, vous pouvez en remplir un et, après un certain temps, le laisser reposer, permettant ainsi à tous les résidus de mûrir plus ou moins en même temps. Pendant ce temps, vous remplissez l’autre tas, et ainsi de suite.
Il est également utile de remuer la masse de temps en temps pour l’aérer correctement, en utilisant une fourche. Pour cette opération, il est préférable d’avoir une structure qui peut s’ouvrir au moins d’un côté. En revenant à l’exemple des palettes mentionné plus haut, il est conseillé de lier au moins un côté de l’enclos avec de la ficelle plutôt que de l’avoir cloué.
Savoir quand le compost est mûr
Le compost est considéré comme mûr lorsqu’il prend une consistance de bon terreau, presque inodore, dans lequel la majorité des matériaux de départ ne sont plus reconnaissables.
Comme mentionné précédemment, il faut quelques mois pour atteindre ce stade. À l’inverse, il est également incorrect d’attendre trop longtemps, car un compost trop vieux perd de sa fertilité.
Tamiser le compost avant de l’utiliser sur le sol est très utile. Cela permet de retenir tous les résidus éventuels qui ne se sont pas encore décomposés et de les remettre dans le nouveau compost pour un autre cycle de décomposition. Certains résidus organiques, en effet, sont particulièrement résistants et lents à se décomposer, comme les coquilles de noix ou les petits rameaux de taille.
Le tamis peut être simplement un filet à mailles de 1 cm, fixé à des planches de bois et placé sur une brouette. Le compost fin tombera dans la brouette, tandis que les résidus non décomposés et d’autres matériaux accidentellement tombés dans le compost resteront sur le tamis ( les exemples classiques sont les étiquettes des fruits et les liens des plants de tomates ).
Le compost mûr est un produit particulièrement précieux, car il est utile pour presque toutes les plantes, des plantes ornementales aux légumes, en passant par les plantes en pot.
[ Pour en savoir plus : Proprietés et valorisation d u compost, DEVISSCHER S. (1997) – Le compost. Mém. D.E.S.S., univ. Picardie, 60 p. ]